Luc-Henri Fage

réalisateur

CV détaillé

FILMOGRAPHIE

A travers la Pierre
2005, France 5
Une exploration à travers le gouffre de la Pierre Saint-Martin, longtemps le plus profond du monde, dans les Pyrénées aux confins de la France et de l'espagne. Nous suivons le scientifique et spéléologue Richard Maire, qui révèle à l'exploratrice Priscilla Telmon, le chemin secret des eaux de pluie et de neige depuis le lapiaz de surface jusqu'à la résurgence des eaux souterraines dans la vallée. Au cours des 10 km de l'itinéraire, et 1058 m de dénivellation, le scientifique montre des phénomènes comme la formation des concrétions, la vie animale souterraine, et la création de l'exceptionnel vide souterrain de la salle de la Verna, où l'on ferait rentrer plusieurs fois Notre Dame de Paris...
DVD

Bornéo, la Mémoire des Grottes
2004, Arte
Comment un archéologue et un spéléologue explorent depuis 1992 les montagnes calcaire de Bornéo (Kalimantan) à la découverte des grottes ornées de peintures préhistoriques. Une expression rupestre inédite dans le monde, qui fait sortir de l'oubli une civilisation humaine qui, il y a plus de 10.000 ans, entretenait avec les esprits des relations particulières.

DVD

L'expédition Ultima Patagonia
2001, France 2 et France 5.
Expédition de géographie dans les îles de la Patagonie Chilienne. Un paysage grandiose, une météo exécrable pour les plus beaux karsts du monde. Découvertes spéléologiques, karstologiques et archéologiques. Béta SP, 52 minutes. Co-cameraman et réalisateur. Production Média Vidéo Compagnie. DVD

A la découverte des grottes ornées de Bornéo, 1996, France 3
Cinq missions spéléo-archéologiques, de 1992 à 1996, dans les grottes perdues de Bornéo, en compagnie d'un ethno-archéologue du CNRS, ont permis de découvrir les premiers sites préhistoriques de la partie indonésienne de Bornéo, et les premières grottes ornées, qui bouleversent les théories jusque là admises dans les migrations entre Asie et Australie. Une histoire que n'aurait pas renié Indiana Jones& Cameraman 16 mm, Hi8 et Betacam, réalisateur. Vidéo, 53 minutes. Coproduction FRANCE 3, GEDEON, Editions Spéléo (ESCOM). DVD


Mille mètres sous la jungle
1995, France 3
Expédition française de spéléologie en Papouasie Nouvelle-Guinée. Exploration du premier gouffre dépassant 1000 m de profondeur dans l'Hémisphère Sud. Cameraman Betacam, réalisateur. Vidéo, 52 minutes.
DVD

Le gouffre perdu de Papouasie 1993, TF1
Expédition française de spéléologie en Papouasie Nouvelle-Guinée. Exploration d'une mégadoline perdue sur le plateau inexploré de Daraï. Cameraman, réalisateur. Vidéo, 52 minutes.

DVD


La Mémoire des brumes

1992, Canal +
Traversée de l'Irian Jaya interdite, trente ans après Pierre-Dominique Gaisseau, chez les Papous de l'âge de pierre. Cameraman. Co-réalisateur (avec A. Seveau).

DVD

La Traversée impossible
1988, TF1
Traversée ouest-est de Bornéo. Co-réalisateur (avec Pierre Boccanfuso). 16 mm, 26 minutes.

Inga, le défi du Zaïre
1987, TF1, M6
Première descente intégrale en raft du fleuve Zaïre. Réalisateur et cameraman 16 mm. Format 16 mm, 45 minutes.

Minyé, la fin du mythe
1985, FR3
Spéléo chez les Papous. Réalisateur et cameraman 16 mm. Format 16 mm, 26 minutes.

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Interview du réalisateur

 

Pourquoi ce film ?

A quel moment les grands médias parlent-ils de spéléologie? Quand il y a des accidents. Et uniquement. Du coup, le grand public se fait une image faussée des spéléologues. Ils apparaissent comme des farfelus, de dangeurex casse-cou qui attendent que les pompiers viennent les chercher. Alors que c'est tout le contraire! depuis 40 ans, les spéléos français ont organisé leur propre « spéléo-secours », avec des stages de formation volontaires, et des excercices réguliers. L'école française de spéléologie, copiée dans le monde entier, enseigne aussi aux jeunes spéléos à explorer en sécurité, à connaître leurs limites, à renoncer en cas de risques objectifs. Comme disait un célèbre montagnard, « je préfère être un con vivant qu'un héros mort ». Donc ce film veut simplement plonger le spectateur dans un voyage initiatique à travers la roche, et lui montrer les différents aspects scientifiques de la spéléologie. La géologie, l'hydrologie, la biologie... Car il existe même des animaux sous terre!

Comment avez-vous eu l'idée de ce film ?

Ce film est le fruit d'une longue amitié avec le scientifique et spéléologue Richard Maire. On s'était rencontré en 1979 sur la Pierre Saint-Martin, et en quelques heures à arpenter la montagne, il m'avait fait comprendre le fonctionnement très complexes des rivières souterraines de ce coin des Pyrénées. Je m'étais senti brusquement très intelligent! En fait, c'est Richard qui a le don et la passion de faire partager ses connaissances envers ses amis spéléologues. Ma tâche est de faire partager cette passion par le grand public. Plus tard, nous avons participé à quelques unes des grandes aventures spéléologiques françaises à l'étranger. En Algérie, en Nouvelle-Guinée et aussi en Patagonie Chilienne, et à chaque fois, il en était sorti un film d'aventure. Le dernier était « L'expédition Ultima Patagonia », en 2001. Et c'est en terminant ce film, avec le producteur, que nous avons eu l'idée d'une série sur la planète calcaire avec Richard Maire.

Qui est Richard Maire ?

C'est un scientifique et un grand spéléologue à la fois. Son métier : karstologue, c'est à dire un géographe spécialisé dans l'étude des montagnes calcaires, ce que l'on appelle des Karsts. Il est directeur de recherche au CNRS (à Bordeaux). Sa passion de l'exploration l'a mené aux quatre coins de la terre, pourvu qu'il y ait du calcaire. Il a une forme physique exceptionnelle, et ce n'est pas facile de le suivre caméra en main! Il dit d'ailleurs souvent que « mon bureau, c'est la planète calcaire ».

Dans ce film, il n'est pas seul ?

En spéléo, on est rarement seul. Il n'y a pas ni vedettes, ni héros solitaire. C'est toujours une affaire d'équipe! Pour parcourir un grand gouffre comme la Pierre Saiint-Martin, il faut une solide équipe, des amis de longue date, en qui on a totalement confiance. Dans ce film, Richard partage la vedette avec Priscilla Telmon. Je lui ai présenté cette jeune femme, écrivain-voyageur et photographe, membre de la société des explorateurs français, comme moi, qui ne connaissait rien du monde souterrain. Avec sa fraîcheur de béotien, elle réalise une médiation parfaite entre le spectacteur et le scientifique. Elle pose les bonnes questions et elle attend des réponses débarrasées de toute fioriture scientifique inutile. Richard est déjà naturellement doué pour ça, mais ce duo fonctionne à merveille! On a envie de refaire d'autres films tous les trois...

Ce film « à travers la Pierre » embarque le spectacteur dans une folle équipée sous terre. Etes-vous spéléologue vous mêmes ?

Oui, je suis spéléo depuis l'âge de 17 ans. Il est difficile de maîtriser sous terre la réalisation d'un film, caméra en main, si on n'est pas parfaitement à l'aise dans ce milieu difficile. Depuis une vingtaine d'années, j'ai réussi à combiner ma passion de la spéléo avec mon métier de journaliste, photographe puis de réalisateur de films documentaires. Témoigner des beautés du monde souterrain, de sa fragilité aussi, est une volonté que j'ai eu depuis des années. D'ailleurs, j'organise tous les quatre ans un festival international de films spéléologiques.

Où se déroule cette expédition ?

Pour une fois, un de mes films ne se déroule pas aux antipodes, mais bel et bien en France. A cheval sur la France et l'Espagne, exactement, dans un coin magnifique et sauvage des Pyrénées : la Pierre Saint-Martin. Mais c'est vraiment un « autre monde », le monde souterrain, que très peu de gens connaissent.

D'où le jeu de mot sur le titre ?

« A travers la Pierre » pourrait s'écrire avec ou sans majuscule au mot Pierre. Il s'agit pour nous de suivre le cheminement de la goutte d'eau à travers la montagne, par le réseau des gouffres et des rivières souterraines, pour ressortir au grand jour, à plus de 10 kilomètres de là, et 1500 mètres plus bas dans la vallée. Mais la « Pierre », c'est aussi pour les spéléos du monde entier, un lieu mythique : il résume l'aventure spéléologique de plus de 50 années d'explorations, depuis la découverte du gouffre de la Pierre Saint-Martin avec son puits de 320 mètres, et l'accident mortel de Marcel Loubens, jusqu'aux multiples et successifs records mondiaux de profondeur. La « Pierre » c'est donc pour les spéléos un endroit redouté, et passionnant, qui attire et effraye tout à la fois...

Ce film présente le monde souterrain au fil d'une exploration spéléologique, de façon très esthétique...

Richard Maire dit souvent que pour lui, seule l'esthétique compte. Si on fait de la montagne, c'est pour admirer les paysages, être baigné dans cette nature sauvage et magnifique. La spéléologie aussi! Quand on découvre ces paysages souterrains, on est frappé par leur beauté, leur irréalité. C'est évident quand on observe des concrétions cristallines très fines et délicates, mais c'est encore plus spectaculaire quand on amène le spectateur dans une des plus grandes salles souterraines du monde, avec une rivière souterraine qui y cascade de plus de 150 mètres! Dans l'esprit du grand public, les grottes c'est sales, dangereux, intéressant. J'ai voulu leur montrer que c'est tout le contraire!

Quelles difficultés avez-vous rencontré ?

La plus grosse difficulté, c'est bien sûr l'éclairage. On a dû utiliser des lampes HMI très techniques, qui ont un rendement exceptionnel, des batteries au lithium, des micro groupes électrogènes... Et rien n'aurait été possible sans l'aide d'une forte équipe de spéléologues aguerris. Une vingtaine de spéléos locaux, animés par la même passion et la même envien de faire partager la beauté de « leur » gouffre vers le grand public.

Quel matériel a été mis en œuvre dans le tournage ?

Pour le film, je prévoyais trois types de séquences. En surface, on a utilisé une mini-grue et une grosse caméra DV- cam, le plus souvent à l'épaule, pour être rapides. On a filmé aussi en hélicoptère et le pilote, Jean Brosset, qui connaît la montagne comme sa poche, nous a épaté en faisant un vol au milieu des gorges de Kakouetta. Un truc fou! Les images sont spectaculaires...

Le son est vraiment excellent, on a l'impression de faire partie de l'équipe!

L'ingénieur du son, Patrick Mauroy, est un vrai baroudeur, on a tourné ensemble en Patagonie et à Bornéo... comme il y avait plusieurs intervenants possibles, chacun avait un micro HF et il enregistrait chaque signal séparé, plus le son d'ambiance, sur les 8 pistes d'un magnétophone numérique, le Cantar. Pour la traversée il a utilisé un matériel plus léger, avec des micros HF. Un son « studio » a mille mètres de profondeur, il n'y a que lui pour réussir ça, sans ralentir une seconde l'avancée de l'équipe.

Quel a été le moment le plus fort du tournage ?

Il y a bien évidemment la traversée intégrale du massif, que l'on a réalisé fin septembre, après 24 journées de tournages en juin et en août dans les extérieurs et dans les grandes salles près de la salle de la Verna. Cette traversée a été faite en 24 heures, sans dormir, par une équipe de douze personnes, dont  les principaux intervenants du film, Richard Maire, Priscilla Telmon, Michel Douat et Joël Danflous. Pour ces images, j'ai tourné avec une petite caméra DV professionnelle, en technique très légère. Il ne fallait pas ralentir l'équipe, dont la sécurité était primordiale. Si on freine trop la progression, on perd du temps et la fatigue s'installe dans l'équipe. Cette expédition s'est faite dans l'humour, grâce au sourire de Priscilla dont s'était pourtant la première expérience de spéléologie... Sans cette bonne humeur, rien n'aurait été possible. Et je vous prie de croire qu'au bout de 20 heures de progression, la fatigue vous plombe... Et cette bonne humeur est visible au cours du film...
 


QUELQUES LIENS INTERNET

www.speleo.fr
La page personnelle de Luc-Henri Fage

www.kalimanthrope.com
Le site du Kalimanthrope, spéléo et archéo à Bornéo

www.speleomag.com
Le magazine trimestriel SPELEO

www.ffspeleo.fr
Le site de la Fédération française de Spéléologie

arsip.free.fr
Le site de l'ARSIP (association de recherche spéléologique international de la Pierre Saint-Martin

www.abymes.com
L'éditeur Abymes, spécialisé dans les ouvrages spéléos

www.expe.fr
Le site d'Expé, spécialisé dans la vente par correspondance de matériel de montagne (30 années d'expérience!) et maintenant sur Internet

http://boutique.felis.fr
La boutique internet de Félis Production, la société de production du réalisateur Luc-Henri Fage.


QUELQUES LIVRES ACTUELS POUR APPROCHER LA SPÉLÉOLOGIE

Jusqu'au fond du gouffre
A travers le Karst
Les découvreurs du gouffre de la Pierre Saint-Martin
Le Pot du Loup

Corentin Quéffélec, réédité aux éditions Spéléo, distribué par Abymes éditeur. Un des meilleurs récits spéléo, une histoire d'hommes face à la caverne géante de la Pierre Saint-Martin, qui aboutissent après vingt années d'exploration et d'entêtement à donner au gouffre le record du monde de profondeur.

Editions Spéléo

Fabien Darne et Patrice Tordjman, Abymes éditeur. Le topogguide des grandes traversées spéléologiques françaises décrit précisément la traversée réalisée dans le tournage du film, du gouffre SC3 vers la salle de la Verna.

Abymes Editeur

Par Jacques Labeyrie. Vient de paraître aux éditions Cairns, à Toulouse. Le récit des explorations dans la grande période historique racontée par un de ses protagonistes.

Cairns éditions

Pour faire découvrir la spéléologie aux enfants et adolesents, quoi de mieux que ce recueil de nouvelles, écrit par Régis Roux et illustrées par Jean-Yves Decottignies.

Abymes éditeur

OUVRAGES ANCIENS

 

les bulletins épisodiques mais de qualité publiés par l'ARSIP.

 

arsip.free.fr

lLe topogide (épuisé) des plus belles cavités de la Pierre Saint-Martin... écrit par Michel Douat, Jean-François Pernette et Richard Maire

EDISUD

 
       

sans oublier la collection des Paris Match d'époque (à chiner) des années 50 à 53...

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CONTACT PRESSE : Luc-Henri Fage 06 08 60 10 11 e-mail